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Ronan Bennett

Né à Belfast en Irlande en 1958.

Auteur de plusieurs romans et plusieurs scénarios pour le cinéma. Licencié d’histoire et docteur en droit.

Le Catastrophiste (The Catastrophist, 1998), roman, traduit de l'anglais par Marie-Thérèse Carton-Piéron. [Paris], Éditions Phébus, « D’aujourd’hui. Étranger », 2001.

Bibliographie

Romans

The Second Prison (1991)
Overthrown by Strangers (1992)
The Catastrophist (1998)
Havoc: In its Third Year (2004)
Zugzwang (2006)

Dire

Stolen Years ((Paul Hill / Ronan Bennett, 1990)
Fire and Rain (broadcast on Radio 4, 1994)

Scénarios pour le cinéma

A Further Gesture, aka The Break (1997)
Lucky Break (2001)
Face (1997)
Hamburg Cell (2004)

Scénarios pour le télévision

Love Lies Bleeding (1993)
A Man You Don't Meet Every Day (1994)
Rebel Heart (2001)
Fields of Gold (2002)

Films brefs

Do Armed Robbers Have Love Affairs? (2002)

Le Catastrophiste

De Ronan Bennett

Au nom de l'intérêt !

Un mot sur l'auteur, écrivain et militant républicain, né à Oxford, il fut emprisonné à Long Kesh (Maze)de 1974 à 1976, puis à Brixton de 1977 à 1979 pour activités clandestines au profit des républicains irlandais. Il est licencié d'histoire et docteur en droit. Ce roman est son troisième livre.

Nous sommes en décembre 1960, au Congo Belge, des soldats arrêtent un homme. Cet homme est Patrice Lumumba, un des dirigeants indépendantistes.

Nous reviendrons avec le narrateur, James Gillepsie, journaliste britannique et sa maîtresse italienne Inès journaliste également; sur le passé de ce pays et sa décolonisation vue de l'intérieur.

Inès travaille pour un journal communiste italien, donc ses sympathies vont aux Congolais plus qu'aux Belges, mais les dés ne sont-ils pas pipés d'avance ? Le gouvernement belge annonce l'indépendance du Congo dans les plus brefs délais, mais à quel prix?

Le narrateur, James Gillepsie, est d'une grande lucidité malgré son désarroi amoureux. Dans quelles mesures, les finances et les richesses du pays resteront-elles sur place?

Les colons ne repartiront surtout pas les mains vides?

Y aura-t-il une résistance armée?

Il se doute que le pouvoir vacant sera ardemment disputé entre les partis politiques classiques, mais sans beaucoup d'infrastructures et les tribus bien implantées et armées. La manne financière procurée par les mines de diamants (entre autres) n'arrange rien. Une province comme le Katanga ne va-t-elle pas vouloir faire sécession?

Les guerres tribales ne vont-elles pas reprendre, face à la vacance du pouvoir. Mais il est un peu pris au piège de son propre cas, celui d'un homme qui renie ses origines irlandaises et qui oublie les 700 ans de colonisation de son propre pays.

-"Seamus! me crie t-elle. Tu ne t'appelles pas James. Tu t'appelles Seamus."

Inès Sabiani, elle est d'un enthousiasme délirant, aussi délirant qu'aveugle, elle se jette à corps perdu dans les préparatifs d'élections et dans des articles pour son journal, s'éloignant de James. Entre la lucidité de James, anglo-irlandais, et la démesure d'Inès, italienne fanatique, les sentiments se distendent peu à peu. Un des paradoxes de ce livre tient dans la différence des propos du narrateur et le parcours politique de l'écrivain. Le narrateur reniant ses origines irlandaises et l'écrivain emprisonné pour avoir défendu ces mêmes origines irlandaises.

-Irlandais, Anglais, quelle différence, quelle importance!

-Je voyage avec un passeport Britannique et me fiche de l'Orange comme du Vert, des six comme des vingt-six, de la frontière, qu'elle estime si importante. Un bon roman sur l'amour et la violence dans une période et un problème pour moi quasi-inconnu; celui de la décolonisation en Afrique. L'histoire est divisée en quatre parties qui s'étale sur dix ans de novembre 1959 à août 1969. Que reste t-il à James en août 1969, quand d'autres images de révoltes défilent sur les écrans de télévision? Le souvenir d'une phrase du livre :

-"Ceci est l'histoire d'un échec". De plusieurs échecs pourrait-on dire.
A noter que plusieurs soldats irlandais furent tués dans les années 1960 en missions pour les Nations-Unis au Congo.


Extraits :

- "Je ne semble pas" parce que je suis l'amant de la partie perdante.

- Son langage a toujours été inconditionnel et absolu. Tout et rien; jamais et toujours; le pire ou le meilleur.

- Je renonce à essayer de me sécher. L'air est humide, les fenêtres et les murs transpirent.

- Ils sont venus pour s'enrichir et rentrer chez eux.

- Il incarne la parodie du colon.

- Lumumba est tout simplement le dernier d'une longue suite de héros. Ou bien il succombera sous le faix ou bien il finira par mourir en martyr.

Éditions : Phébus

Titre original : The Catastrophist.

Prix littéraire

Whitbread Book Awards

Best Novel nominee (1998) | The Catastrophist


James Tait Black Memorial Prize for Fiction

Best Novel nominee (2004) | Havoc: In Its Third Year


The Booker Prize

Best Novel nominee (2004) | Havoc: In Its Third Year


Hughes and Hughes/ Sunday 

Independent Irish Novel of the Year Award (2005) | Havoc: In Its Third Year